Edito :

pape_benoit

L’EUCHARISTIE SOURCE DE TRANSFORMATION

« Ceci est mon Corps donné pour vous en sacrifice. Ce calice est la Nouvelle Alliance en mon Sang »… Qu’est-ce qui est en train de se passer ? Comment Jésus peut-il donner son Corps et son Sang ? Faisant du pain son Corps et du vin son Sang, il anticipe sa mort, il l’accepte au plus profond de lui-même et il la transforme en un acte d’amour. Ce qui de l’extérieur est une violence brutale — la crucifixion — devient de l’intérieur l’acte d’un amour qui se donne totalement. Telle est la transformation véritable qui s’est réalisée au Cénacle et qui visait à mettre en œuvre un processus de transformations, dont le terme ultime est la transformation du monde jusqu’à ce que Dieu soit tout en tous (1 Corinthien 15,28).

Depuis toujours, tous les hommes, d’une manière ou d’une autre, attendent dans leur cœur un changement, une transformation du monde. Maintenant se réalise l’acte central de transformation qui est seul en mesure de renouveler vraiment le monde : la violence se transforme en amour et, de cette façon, la mort en vie. Puisque cet acte change la mort en amour, la mort comme telle est déjà dépassée au plus profond d’elle-même, la résurrection est déjà présente en elle. La mort est, pour ainsi dire, blessée en son cœur même, de telle sorte qu’elle ne peut pas avoir le dernier mot…

Cette première transformation fondamentale de la violence en amour, de la mort en vie, entraîne à sa suite les autres transformations. Le pain et le vin deviennent son Corps et son Sang. Cependant, la transformation ne doit pas s’arrêter là, c’est plutôt à ce point qu’elle doit commencer pleinement. Le Corps et le Sang du Christ nous sont donnés afin que, nous-mêmes, nous soyons transformés à notre tour. Nous-mêmes, nous devons devenir Corps du Christ, consanguins avec lui. Tous nous mangeons l’unique pain, mais cela signifie qu’entre nous nous devenions un.

L’adoration, avons-nous dit, devient ainsi union. Dieu n’est plus seulement en face de nous, comme le Tout Autre. Il est au-dedans de nous, et nous sommes en lui. Sa dynamique nous pénètre et, à partir de nous, elle veut se propager aux autres et s’étendre au monde entier, pour que son amour devienne réellement la mesure dominante du monde.

 

Pape Benoît XVI aux JMJ à Cologne (2005)