Edito

La Confession spirituelle

 

À l’approche de la Semaine Sainte, les croyants ont la (très) bonne habitude de faire une belle confession. C’est ce que les anciens appelaient : « faire ses Pâques ». Mais le confinement nous prive de ce « remède de l’âme » comme le nomme si joliment la liturgie du Carême. Tout comme pour la communion, profitons d’être privés de ce sacrement pour en retrouver le sens profond, et y revenir avec d’autant plus de joie.

Tout d’abord, il est important de souligner que l’Église a déjà connu des périodes épidémiques ou de guerre qui ont privé les croyants des sacrements. Les propos qui suivent sont donc issus d’une longue réflexion du magistère. Il convient également de noter que, bien souvent, lors de ces épisodes dramatiques, se sont élevés de faux propos visant à justifier la possibilité de recevoir directement de Dieu le pardon de nos péchés. Cela va directement à l’encontre de l’enseignement de l’Église. Le pape François l’a rappelé lors de la veillée de prière de vendredi dernier : « on ne se sauve pas tout seul ! ». Et c’est ce que le catéchisme du concile de Trente (chap.21, §2) soulignait en ces termes : « Personne ne peut obtenir le salut [autrement] que par Jésus-Christ, et par les mérites de sa Passion. Il était donc très convenable en soi, et très utile pour nous qu’il y eût un Sacrement qui […] nous obligerait à reconnaître que c’est à notre divin Sauveur, et à Lui seul, que nous devons le bienfait de notre réconciliation ». Se tourner vers le sacrement (baptême, réconciliation, onction des malades) c’est donc reconnaitre que c’est Jésus-Christ qui me sauve !

Mais si nous sommes privés de la rencontre avec un prêtre qui peut nous donner l’absolution, que faire ? Eh bien, en retrouvant, en premier lieu, l’importance d’un bel examen de conscience. Les saints le faisaient quotidiennement, souvent pendant 10 à 15 min. Car ne l’oublions pas, le pardon de nos péchés vise notre conversion. Il s’agit d’un « mouvement de retour à Dieu, appelé conversion ou repentir, [qui] implique une douleur et une aversion vis-à-vis des péchés commis, et le propos ferme de ne plus pécher à l’avenir » (CEC 1489).

L’examen de conscience est donc la première étape de la conversion et doit précéder toute confession. Il s’agit de se mettre en présence de Dieu pour revisiter notre vie avec la ferme volonté de se corriger de ses péchés et de nous en amender. Un passage de l’Écriture et la récitation du Confiteor peuvent nous y aider. En second lieu, juste après cet examen, si nous nous mettons en vérité devant Dieu et que nous lui exprimons (par la prière d’un Pater) notre désir profond de nous confesser à un prêtre dès que possible, Dieu nous accorde alors immédiatement sa Miséricorde.

Cette démarche du cœur est suffisante pour que Dieu pardonne tous nos péchés, même si un accident et une mort inattendue nous prive de l’absolution. L’important est de vouloir aller jusqu’au bout du chemin de notre réconciliation avec Dieu.