Edito

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La prière est la mesure de notre espérance ! 

Samedi prochain notre Pôle missionnaire part pour une journée de pèlerinage à Pontmain. Le message délivré par Marie à Pontmain est un véritable appel à la prière et à l’espérance.

Aujourd’hui encore, comme en 1871, Marie nous invite à l’espérance. À cette époque, les Prussiens étaient arrivés aux portes de Laval, et tout semblait perdu. Les paroissiens de Pontmain n’arrivaient plus à suivre leur curé dans le chant du cantique « Mère de l’Espérance ». « À quoi bon prier, Dieu ne nous écoute pas ! ». C’est la même tentation qui nous guette actuellement.  Les signes de désespérance sont nombreux dans notre société : la crise des gilets jaunes en est l’expression flagrante. En évacuant Dieu de l’espace public et de la culture, on a fermé le monde sur lui-même. Une des conséquences est la perte de confiance non seulement dans le prochain mais aussi en ceux qui détiennent les rênes du pouvoir.

À Pontmain, Marie demande à ses enfants de prier. La prière est en effet la mesure de notre espérance ! Elle est le moyen de grandir dans la confiance et d’entretenir notre relation avec Dieu. Cela permet ainsi de maintenir notre foi vivante, notre espérance ferme, notre charité active. Elle est réponse à Dieu qui nous parle. Elle est dialogue avec Lui. Elle nous permet de Lui présenter nos demandes. Elle est l’expression de notre désir, et donc elle nourrit notre espérance. Mais la vraie question est celle-ci : attendons-nous encore quelque chose de Dieu ? Et c’est là le vrai drame de notre société et malheureusement de beaucoup de chrétiens !  « Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher ». Il nous faut, aujourd’hui encore, prendre très au sérieux cette invitation de Notre-Dame de Pontmain. Ne pas prier c’est ne rien attendre de Dieu, c’est empêcher Dieu de nous combler de ses grâces. Le Christ souffre de notre peu de foi et de notre manque d’espérance. La Vierge Marie l’a fait comprendre en plusieurs lieux d’apparitions où on la voit le visage triste et parfois en train de pleurer. En effet, c’est notre manque de foi, notre manque d’ouverture de notre âme à Dieu, qui empêche Dieu de nous sauver et de déverser ces flots de miséricorde sur notre monde.

Si vraiment nous aimons notre prochain, nos familles, notre pays, si nous aimons notre monde, nous aurons à cœur de prier avec persévérance. C’est le plus grand service que nous pouvons donner à notre société qui a soif de justice, de paix et de fraternité. Il ne s’agit pas de prier pour la défense de nos intérêts ou même seulement pour notre bien-être. Il s’agit de prier pour augmenter, en nous et en ceux pour qui nous prions, le désir des biens ultimes, la plénitude de vie, la vie éternelle, le Ciel. Il n’y a que Dieu en effet qui puisse répondre aux désirs profonds de l’âme humaine.
En priant Marie, en passant par elle pour demander à Dieu toutes grâces, nous sommes sûrs que nos demandes, ajustées par elle, recevront un soutien puissant. Dieu ne peut rien refuser à Marie parce que Marie a toujours fait la volonté de Dieu. Puisse ce pèlerinage nous aider à remettre Dieu et la prière au cœur de nos journées comme nous y invite Marie à Pontmain : « Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher ».

 

Père Bertrand LESTIEN